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Google bloque les outils de suivi de positions. Votre rapport SEO du mois est peut-être faux.

Par Othmane Jriri, co-fondateur de DigiVize · 28 septembre 2026 · 6 min de lecture

Depuis le 13 septembre 2026, Google empêche beaucoup plus efficacement les outils SEO de lire ses pages de résultats. Concrètement : le tableau de positions que votre agence vous enverra à la fin du mois peut montrer une chute ou une remontée qui n’a jamais eu lieu. Avant de réagir, vérifiez la seule donnée que Google vous donne lui-même — celle de la Search Console.

Ce n’est pas une mise à jour d’algorithme. Votre site n’a rien perdu. C’est la mesure qui est cassée, pas la performance.

80 %La baisse de données récupérées déclarée par un éditeur d’outils, Nozzle
16 sept.La date de l’alerte publiée sur la page de statut de Sistrix
5 à 8Fiches obtenues par requête lors de notre relevé du 19 septembre

Ce que les éditeurs d’outils disent eux-mêmes

Le plus simple est d’aller lire leurs pages de statut plutôt que les commentaires du secteur. Sistrix, l’un des outils les plus utilisés en Europe, tient une page d’incidents publique. Trois entrées racontent l’histoire.

Le 27 août, l’éditeur explique que Google fait passer les clics par des adresses de redirection du type google.com/goto. L’adresse du site visé ne figure donc plus dans la page de résultats : il faut suivre la redirection pour la connaître. Sistrix écrit aussi une phrase qui mérite d’être citée telle quelle : cela fait environ un an que Google durcit la collecte, et le plus gros choc a été la suppression du paramètre num=100 en septembre 2025.

Le 1er septembre, tout est rentré dans l’ordre. Les vitesses de traitement sont revenues à la normale.

Le 16 septembre, nouvelle entrée : Google a encore changé la façon dont les résultats sont livrés, et la collecte tourne à régime réduit.

En parallèle, Barry Schwartz a rapporté le 18 septembre que Derek Perkins, de l’outil Nozzle, constate une baisse d’environ 80 % des données qu’il parvient à récupérer depuis Google, et le même phénomène sur DataForSEO. Glenn Gabe, de son côté, a comparé trois outils sur un site dont il connaissait le vrai trafic : l’un a vu la remontée, un autre l’a vue avec du retard, le troisième ne l’a pas vue du tout.

Trois outils, trois versions différentes de la même réalité. C’est exactement le problème.

Ce qu’on a mesuré nous-mêmes, depuis le Maroc

Le 19 septembre 2026, on a lancé huit requêtes marocaines sur Google Maps en collecte automatisée, paramètre pays Maroc, interfaces française et arabe. Pas une requête SEO : une simple liste d’établissements. Le volet de résultats a refusé de charger au-delà de cinq à huit fiches par requête, malgré quatorze tentatives de défilement programmé sur chacune.

Fiches obtenues par requête en collecte automatisée, le 19 septembre 2026
Pharmacie Rabat8
Traiteur Rabat8
Pharmacie Rabat, interface arabe8
Restaurant Casablanca5
Boulangerie Casablanca5
Quincaillerie Casablanca5
Hammam Marrakech5
Relevé DigiVize du 19 septembre 2026. Huit requêtes sur Google Maps, paramètre pays Maroc, collecte automatisée, quatorze défilements programmés par requête.
Ce relevé décrit ce que notre outil a obtenu ce jour-là, sur ces requêtes-là. Il ne mesure pas la taille réelle de l’index de Google, et il ne dit pas si un visiteur humain aurait vu davantage de fiches. Il montre une chose, et une seule : la collecte automatisée sur une surface Google était bridée depuis le Maroc à cette date.

Pourquoi ça vous concerne même si vous n’avez jamais entendu parler de Sistrix

Parce que le rapport mensuel que vous recevez est construit dessus. Un outil de suivi de positions ne demande pas à Google où vous êtes classé : il fait semblant d’être un internaute, lit la page, et note votre rang. Quand Google réussit à distinguer la machine de l’humain, l’outil ne lit plus rien — ou lit une page différente de celle que voient vos clients.

Prenons une concession automobile à Kénitra. Personnage inventé, chiffres inventés eux aussi, mais la mécanique est la vraie. Son agence lui envoie chaque 5 du mois un tableau de trente mots-clés. En octobre, le tableau montre onze mots-clés en recul de quatre à neuf places. Le gérant appelle, demande des explications, envisage de changer de prestataire, gèle un budget de contenu.

Il n’a peut-être rien perdu du tout. Il a payé une réunion de crise pour un artefact de collecte.

L’inverse est tout aussi coûteux, et moins visible : un outil qui ne capte plus la baisse réelle vous laisse tranquille pendant six semaines pendant que le trafic s’en va.

La donnée qui n’est pas concernée

La Search Console n’est pas un outil de collecte. C’est Google qui vous transmet vos propres chiffres : impressions, clics, position moyenne, requêtes. Il n’y a rien à contourner, donc rien à bloquer. Elle est gratuite.

Elle a ses limites, et il faut les dire. Sa position moyenne agrège des résultats vus sur des appareils et des villes différents, elle échantillonne les requêtes rares, et elle ne vous dit rien sur vos concurrents. Un outil tiers reste utile pour l’analyse concurrentielle. Mais pour répondre à la seule question qui compte vraiment — est-ce que ma visibilité monte ou descend — c’est la source la plus solide dont vous disposez en ce moment.

Question Source à regarder en priorité
Est-ce que ma visibilité baisse ? Search Console, impressions et clics sur 28 jours contre les 28 précédents
Sur quelles requêtes ? Search Console, onglet Requêtes, comparaison de périodes
Est-ce que mes concurrents montent ? Outil tiers, en sachant que la donnée de septembre est fragile
Est-ce que mon chiffre d’affaires suit ? Vos ventes. C’est la seule mesure que personne ne peut bloquer

Ce qu’il faut faire maintenant

Les éditeurs vont s’adapter, comme ils l’ont fait en septembre 2025 après la suppression de num=100, et comme Sistrix l’a fait début septembre. La question n’est pas de savoir s’ils vont y arriver, mais de ne pas prendre une décision d’entreprise pendant la fenêtre où ils n’y arrivent pas.

Si vous voulez un avis extérieur sur ce que raconte vraiment votre Search Console, c’est le genre de lecture qu’on fait en une heure avec vous. Nos missions SEO et notre accompagnement conseil partent toujours de là. Et si le sujet des signaux Google vous intéresse, on avait déjà regardé de près le bouton Sources préférées sur huit sites marocains.

On relit votre rapport SEO de septembre avec vous

Envoyez-nous le tableau de positions que vous avez reçu. On le compare à votre Search Console et on vous dit ce qui a réellement bougé, et ce qui est un artefact de mesure.

Faire vérifier mon rapport de positions

Par Othmane Jriri, co-fondateur de DigiVize. Publié le 28 septembre 2026. Sources consultées et relevé effectué le 19 septembre 2026.

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