Depuis le 20 août 2026, Google fournit deux lignes de code à coller sur votre site. Elles affichent un bouton qui permet à un visiteur de vous ajouter à ses sources préférées. Une fois que c’est fait, vos pages remontent dans les Top Stories et portent un badge « préféré » — y compris dans les Aperçus IA et le Mode IA. La fonction existe partout où Google Search existe, Maroc compris. On a vérifié le 29 août : les huit sites marocains qu’on a tapés dans l’outil y figurent tous.
Les sources préférées ne sont pas nouvelles. Ce qui est nouveau, c’est le bouton. Le 20 août 2026, Google a mis à jour sa documentation destinée aux éditeurs pour expliquer comment poser sur son propre site un bouton interactif d’ajout aux sources préférées. Avant, il fallait que le lecteur pense tout seul à aller dans les réglages de Google.
La documentation est claire sur la couverture : la fonction est disponible dans le monde entier pour les Top Stories, dans toutes les langues où Google Search existe. Elle peut aussi apparaître dans le Mode IA et les Aperçus IA, partout où ces fonctions sont disponibles. Aucune restriction géographique : c’est déjà ouvert au Maroc.
Deuxième point de la documentation, moins agréable : seuls les domaines et les sous-domaines sont éligibles. Un sous-dossier ne l’est pas. Si votre blog vit sur votresite.ma/blog, c’est le domaine entier qui est proposé au lecteur, pas la partie blog. Si vous aviez prévu d’isoler votre production éditoriale dans un répertoire, ce détail compte.
Deux lignes, à poser dans le gabarit d’article. La première charge la bibliothèque, la seconde place le bouton là où vous le voulez :
Le bouton se traduit tout seul dans la langue du navigateur du visiteur. Deux attributs facultatifs forcent le thème (data-theme) et la langue (data-lang).
C’est l’option qu’on recommande à la plupart des entreprises marocaines, parce qu’elle ne demande rien à personne. Google fournit un lien profond qui ouvre l’outil directement sur votre site :
Ce lien fonctionne dans une newsletter, dans une bio Instagram, dans une signature d’e-mail, dans un message WhatsApp. Aucun accès au code de votre site web n’est nécessaire.
La documentation dit que la fonction est mondiale. Elle ne dit pas quels sites y sont réellement référencés. On a donc ouvert l’outil de préférences de sources le 29 août 2026, en interface française, et tapé huit domaines marocains, du plus gros média au plus petit site d’entreprise. Voici le relevé.
| Domaine tapé | Ce que l’outil affiche | Nom éditorial repris |
|---|---|---|
| hespress.com | Hespress, avec logo | Oui |
| le360.ma | Le360, avec logo | Oui |
| medias24.com | Medias24, avec logo | Oui |
| jumia.ma | Jumia Maroc, avec logo | Oui |
| avito.ma | Avito, avec logo | Oui |
| dabadoc.com | DabaDoc, avec logo | Oui |
| chari.ma | chari.ma, logo seul | Non |
| digivizeagency.com | digivizeagency.com, logo seul | Non |
Huit sur huit sont présents. Les sous-domaines de Hespress apparaissent séparément, avec leur propre libellé : « Hespress Français – Actualités du Maroc » pour fr.hespress.com, « HESPRESS English – Morocco News » pour en.hespress.com. La documentation traite bien les sous-domaines comme des sources à part entière.
Le point intéressant est ailleurs. Six sites sur huit s’affichent avec un vrai nom. Deux s’affichent avec leur adresse brute. Un lecteur qui hésite entre deux cases coche celle qui porte un nom, pas celle qui porte une URL. C’est le nom de site que Google a réussi à associer à votre domaine. Quand il n’en a pas, il retombe sur l’adresse.
C’est ce qui rend la fonction moins anecdotique qu’elle n’en a l’air. Google écrit que dans le Mode IA et les Aperçus IA, le contenu d’une source préférée peut être mis en avant avec un badge « préféré » pour les utilisateurs qui l’ont sélectionnée. Autrement dit : la case cochée par votre lecteur vous suit jusque dans la réponse générée.
Encore faut-il que les Aperçus IA se déclenchent au Maroc. Le même jour, on a passé 19 requêtes sur google.co.ma en interface française, et noté celles qui affichaient un Aperçu IA réellement rempli. Cinq sur dix-neuf. Mais la répartition est plus parlante que le total.
Aucune des huit requêtes du type « salle de sport Agadir », « traiteur mariage Marrakech » ou « réparation climatiseur Casablanca » n’a déclenché d’Aperçu IA. Google y répond avec des fiches d’établissement et une carte. En revanche, « comment déclarer auto-entrepreneur Maroc » et « prix panneau solaire Maroc » en affichent un.
La conséquence pratique est simple. Si votre activité se joue sur des requêtes locales, l’enjeu du badge est faible aujourd’hui. Si vous publiez du contenu qui répond à des questions — guides, prix, comparatifs — vous êtes déjà dans la zone où l’Aperçu IA décide de ce que le lecteur voit en premier. C’est là que le badge a une valeur.
Le secteur a classé les sources préférées dans la case « éditeurs de news », parce que Google en parle avec le mot publication et que la fonction pousse vers les Top Stories. On n’est pas d’accord, et le relevé le montre : Jumia Maroc, Avito et DabaDoc sont dans l’outil. Aucun des trois n’est un journal. Ce sont des sites qui publient beaucoup, régulièrement, sous une marque identifiable.
Le vrai filtre n’est pas le statut de média. C’est la régularité. L’outil lui-même le dit, en petit, sous la liste : « Les sources qui ne sont pas mises à jour régulièrement peuvent être indisponibles. » Un site d’entreprise qui publie deux articles par an n’a rien à gagner ici, quelle que soit sa taille.
Deux limites, à poser avant que quelqu’un vende ça comme un raccourci de référencement.
Ce n’est pas un critère de classement. Cocher une case ne fait pas monter un site dans les résultats de tout le monde. L’effet est personnel : il joue pour le lecteur qui a coché, et pour lui seul. Google écrit d’ailleurs que poser le bouton n’est pas obligatoire pour apparaître comme source préférée.
Le bouton ne marche que si quelqu’un le voit. Un site à 400 visiteurs par mois récoltera quelques cases cochées, pas des centaines. Ce n’est pas un canal d’acquisition, c’est un outil de fidélisation : il transforme un lecteur qui vous a déjà lu en lecteur qui vous reverra. Et contrairement à une liste d’e-mails, cette audience ne vous appartient pas. Elle vit chez Google, et Google peut changer les règles.
Ces réserves ne rendent pas la fonction inutile. Elles la remettent à sa place : un geste de cinq minutes qui ne se rattrape pas. Les lecteurs que vous n’aurez pas sollicités cette année ne cocheront pas la case l’an prochain.
Le calcul est vite fait : cinq minutes de travail, un lien à coller, et une fonction que presque personne au Maroc n’a encore installée. Ce genre de fenêtre ne reste pas ouverte longtemps.
On tape votre domaine, on vous dit s’il apparaît, sous quel nom, et ce qu’il faut corriger si Google n’a retenu que votre adresse. On vous envoie la capture et les deux lignes à poser.
Othmane Jriri est co-fondateur de DigiVize, agence de marketing digital basée à Rabat. Relevé effectué le 29 août 2026 sur l’outil de préférences de sources de Google et sur google.co.ma. Publié le 3 septembre 2026.