Le 5 août 2026, Google a publié une entrée dans son journal des modifications : la règle de diffusion limitée des annonces va couvrir tout Google Ads, et plus seulement la Recherche et YouTube. La conséquence pratique est simple. Si Google juge votre compte « non qualifié », il réduit vos impressions. Aucune annonce n’est refusée. Vous ne recevez pas d’e-mail de rejet. Vous voyez juste moins de volume, et un message dans le compte. Le déploiement est progressif et s’achève en 2028.
L’entrée s’appelle Update to Limited Ad Serving Policy (August 2026). Elle annonce une réécriture de la règle pour couvrir l’ensemble de Google Ads, avec deux jeux de bonnes pratiques distincts : un pour la Recherche, un pour YouTube, Gmail, le Play Store et Discover.
Le mécanisme n’est pas un refus d’annonce. C’est un plafond. Google écrit que les annonces individuelles ne seront pas refusées, et que l’annonceur concerné reçoit une notification dans son compte s’il a une part significative d’impressions dans le périmètre de la règle. Il existe un formulaire de recours. Sur le délai de rétablissement, Google est franc : il ne peut pas dire combien de temps ça prend.
C’est ce qui rend la règle inconfortable. Un refus se voit. Un plafond se confond avec un mois creux.
Le 13 août 2026, on a ouvert la page de règles elle-même, pas les articles qui la résument. En anglais comme en français, elle contient trois sections : une présentation, une section « Recherche Google », une section « YouTube ». Les mots Gmail, Play Store et Discover n’y figurent nulle part.
Deuxième constat, plus gênant pour un annonceur marocain. L’entrée du 5 août n’est pas traduite. En demandant la version française, l’habillage passe en français — « Journal des modifications », « Aide Centre de règles Google Ads » — et le texte de la règle reste en anglais. Google précise lui-même que la version anglaise est la seule qui fait foi pour l’application des règles.
On lit déjà, ici et là, que Google bride désormais les annonces sur Gmail et le Play Store. C’est l’annonce, pas la règle en vigueur. La nuance n’est pas académique : elle décide de ce que vous refaites dans votre compte cette semaine et de ce que vous laissez tranquille.
| Point | Page de règles en vigueur au 13 août 2026 | Entrée du journal des modifications du 5 août |
|---|---|---|
| Surfaces citées | Recherche Google, YouTube | Tout Google Ads, avec Recherche d’un côté, YouTube + Gmail + Play Store + Discover de l’autre |
| Bonnes pratiques | Un seul jeu, centré sur la Recherche | Deux jeux distincts selon la surface |
| Version française | Traduite | Non traduite au 13 août |
| Calendrier | Non précisé sur la page | Progressif, achevé en 2028 |
Google liste sept éléments qu’il dit examiner : les attributs du compte, l’activité et les signalements des utilisateurs, l’ancienneté du compte, les formats d’annonces utilisés, l’historique de conformité aux règles, le secteur de l’annonceur, et le statut de validation de l’annonceur.
Sur ces sept, cinq ne se corrigent pas en une semaine. L’ancienneté d’un compte ne s’achète pas. Le secteur, on ne le change pas. Les signalements d’utilisateurs, on les subit.
Restent deux leviers réels : la validation de l’annonceur et la clarté de marque. Google est explicite sur le second point : les annonces qui citent d’autres marques et les annonces génériques sans aucune marque brouillent l’identité de l’annonceur. Une annonce qui dit « Devis gratuit — Meilleur prix au Maroc » sans nom d’entreprise coche exactement la case qu’il ne faut pas cocher.
Prenons un loueur de voitures à Agadir — scénario illustratif, à refaire avec vos propres chiffres. 6 000 DH de budget mensuel en Recherche, 12 locations par mois, un panier moyen de 1 800 DH. Cela fait 21 600 DH de chiffre d’affaires et un coût d’acquisition de 500 DH par location.
Si les impressions reculent de 30 % et que le reste ne bouge pas, il tombe autour de 8 locations. Environ 7 000 DH de chiffre d’affaires en moins sur le mois, pour le même budget engagé.
Le vrai problème est ailleurs. En août, à Agadir, une baisse de volume se lit comme une fin de saison. Le gérant baisse son budget, se dit qu’il relancera en septembre, et ne cherche pas plus loin.
Le signe qui distingue les deux situations est net : dans une baisse de saison, les impressions et les clics reculent ensemble et le coût par clic bouge. Dans un plafonnement, les impressions chutent alors que le taux de clic et le coût par clic restent stables, et aucune annonce n’est refusée. Si vous suivez déjà votre coût par lead semaine par semaine, l’écart se voit tout de suite.
Et si vous gérez plusieurs comptes — un pour la Recherche, un pour Meta, un pour le retargeting — faites le tour de tous. La règle regarde le compte, pas la campagne.
Statut de validation, notifications de compte, courbe d’impressions face au taux de clic, annonces génériques à réécrire : on passe votre compte Google Ads au crible et on vous rend la liste des corrections, par ordre d’urgence.
Par Othmane Jriri, co-fondateur de DigiVize, agence de marketing digital à Rabat. Publié le 13 août 2026. Relevé des sources officielles effectué le 13 août 2026.